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mercredi 22 février 2023

INTERVIEW - Tom Newman revient sur le phénomène Tubular Bells (par Mark Slattery pour Daily Express)

2023 risque d'être riche en rétrospectives et hommages à l'album culte qui fête cette année ses 50 ans ! D'autant plus que la sortie de Tubular Bells n'a pas seulement été un déclencheur pour la carrière de Mike Oldfield, mais a marqué l'industrie musicale à grande échelle en lançant Virgin Records et par la même occasion les carrières d'autres noms, tels que Richard Branson et Tom Newman...

C'est justement ce dernier qui a été mis à l'honneur ce mois-ci dans les pages du quotidien britannique Daily Express. L'ingénieur et producteur à l'origine de l'enregistrement de Tubular Bells revient sur la genèse de l'album et sa rencontre avec Mike Oldfield. C'est aussi l'occasion pour lui de raconter la relation (pas toujours au top...) qu'ils ont entretenue ensemble, et la carrière finalement modeste qu'il a vécue, dans l'ombre, gardant toujours son esprit très bohème. Ah, ce bon vieux Tom...

Je vous propose ici une traduction complète en français, mais bien sûr l'article original est à retrouver directement sur le site du Daily Express.

Bonne lecture !


For whom the Tubular Bells toll - The genius behind the global phenomenon


[Pour qui les Tubular Bells sonnent - Le génie derrière le phénomène mondial]
par MARK SLATTERY (publié le 18 février 2023 - Daily Express)

EXCLUSIF : Tandis que l'album de rock progressif, dont le succès a financé l'empire Virgin Records de Richard Branson et fait de Mike Oldfield une superstar, fête son 50ème anniversaire, nous mettons la lumière sur le génie peu connu des studios, qui a joué un rôle crucial dans sa création...

Mike Oldfield photographié en 1983, 10 ans après la sortie de son album iconique, Tubular Bells (Image: Andre Csillag/REX/Shutterstock)

C'est l'album qui a lancé l'empire commercial de Richard Branson. Il y a cinquante ans, en mai 1973, le musicien britannique Mike Oldfield sortait son célèbre album de rock progressif, Tubular Bells. Obsédant, changeant et novateur, cet album est lentement devenu un classique, notamment grâce à l'utilisation de son thème d'ouverture dans la bande-son du film d'horreur L'Exorciste.

Parmi les célébrations de cet anniversaire, trois tournées distinctes sont prévues cette année pour interpréter ce morceau éclectique - le premier album sorti sur le tout jeune label Virgin. Au cours du demi-siècle écoulé, il s'est vendu à plus de 17 millions d'exemplaires dans le monde.

Mais sans Tom Newman, ingénieur et producteur de l'album Tubular Bells, la carrière d'Oldfield - voire de l'empire Virgin lui-même - n'aurait peut-être jamais vu le jour.

Ou du moins, pas à ce moment là.

Fils d'un père ingénieur et fabriquant d'outils, Newman a grandi à bord d'une péniche de débarquement de la Seconde Guerre mondiale reconvertie à Isleworth, dans l'ouest de Londres.

Peu de choses étaient conventionnelles dans sa vie. Sa mère lui a inculqué un goût pour le folklore, tandis que son père l'a préparé au monde pratique, lui apprenant à réparer tout ce qui existe, des vélos  aux voitures à moteur en passant par les dragueurs de mines.
 
Ainsi préparé, Newman quitte le lycée (« l'anglais et l'art sont mes seuls examens de fin d'études ») et travaille dans une usine d'assemblage de pièces d'horlogerie. En parallèle, il répare de vieilles motos Harley-Davidson.

Mais ce n'était pas la vie qu'il voulait.

« Les années 60 étaient une époque où les gens avaient l'impression de pouvoir faire et devenir tout ce qu'ils voulaient », se souvient-il aujourd'hui. « La morale du travail jusqu'à l'épuisement, tant nécessaire pendant la guerre, semblait tout à coup inappropriée. Le rock'n'roll avait envahi ma conscience. »

Mike en 1982 (Image: Getty)

Apprenant la guitare en autodidacte, Newman quitte l'usine et tente d'abord sa chance comme musicien, puis comme artiste, avant de tomber dans l'ingénierie et la production musicale sans aucune qualification reconnue. « Je voulais être l'un des frères Everly », sourit-il.

Le skiffle et le blues sont ses premiers amours et son groupe, The Tomcats, gagne une résidence au Beat City sur Oxford Street à Londres, dirigé par le légendaire DJ Alexis Korner. Mais il fallait d'abord se débarrasser de l'orchestre en place, d'un certain Gallois appelé Tom Jones. La future star est finalement licenciée, se souvient-il, à cause d'une « obscénité au niveau du pantalon ».

Newman était l'élément le plus crucial de tout le groupe en attente de percer : celui qui assemblait les haut-parleurs et les amplis, réparait le van, et réparait les instruments cassés.

Il s'est retrouvé par hasard au dernier concert des Beatles sur le toit du QG d'Apple Corps à Londres, où l'on pouvait voir l'une de ses œuvres - il peignait encore à l'époque - derrière la batterie de Ringo Starr.

« J'ai vendu ce tableau immédiatement après pour 20 £ », se souvient-il.

Newman vit dans des squats, des maisons flottantes et finalement dans un dragueur de mines de la Royal Navy, le HMS Dittisham, amarré à Dartmouth. Mais le drame s'abat en 1969, lorsque sa petite amie Susan meurt des suites d'une grossesse extra-utérine. Sa vie de bohème s'améliore lorsqu'il rencontre l'entrepreneur Richard Branson, à peine âgé de 20 ans, à l'époque de la création de Virgin, par l'intermédiaire de sa petite amie de l'époque, Jackie Byford, qui travaille bénévolement pour l'entreprise.

À cette époque, révèle Newman, Branson n'avait aucune intention de s'installer dans la musique. Il affirme être l'homme qui a convaincu le futur milliardaire de créer son propre studio d'enregistrement.

« Égoïstement, je voyais là un moyen de produire ma propre musique gratuitement », admet-il.

Tom Newman, 79 ans, prévoit un nouvel album (Image: Getty Tom Newman)

C'est Newman qui a aidé Branson à découvrir la demeure qui s'écroulait dans l'Oxfordshire où son premier studio d'enregistrement, The Manor Studio, a été installé dans les anciens courts de squash en 1971. « Je me souviens que nous l'avions vu dans le magazine Country Life pour 30 000 £ », explique-t-il.

Branson était sceptique - ils avaient envisagé de s'installer à l'intérieur d'une église - mais, par chance, George Martin, producteur des Beatles, est venu parler à Richard.

« Il a jeté un coup d'oeil à mes plans et, étonnamment, il les a tous approuvés », se souvient Newman. Désormais convaincu, Branson obtient un prêt de sa tante - « Elle ne lui a fait aucune faveur, le taux d'intérêt était de cinq pour cent » - puis charge habilement Newman, qui vit alors dans sa camionnette, de le construire. Une fois le studio structurellement opérationnel, Newman a dû s'initier à la technologie musicale en pleine évolution sur laquelle Tubular Bells allait bientôt être façonné. « Aujourd'hui, tout cela est très scientifique, bien sûr », dit-il. « Mais à l'époque, c'était de l'art de magicien ».

Mais la patience de Branson a des limites, car le travail s'éternise. « J'avais désespérément essayé de retarder les choses, de dissimuler une erreur qui avait été commise dans les réglages de la console de mixage ».

« Richard nous a mis la pression en faisant réserver les premières sessions. Je n'avais jamais enregistré quelqu'un, où que ce soit, qui ne faisait pas partie de mon groupe, et encore moins un groupe de musiciens professionnels expérimentés. Je ne savais pas comment mettre un micro sur une batterie. Je jouais le rôle de l'ingénieur mais je ne savais pas quoi faire. Ma courbe d'apprentissage était presque à la verticale. » La pression de Branson a fonctionnée. Le Manor Studio est terminé un jour seulement
avant l'arrivée du groupe d'Arthur Lewis, et avec lui, un bassiste de 18 ans appelé Mike Oldfield.

Victime d'une mauvaise expérience avec les drogues et d'un traumatisme familial profond, Oldfield était pratiquement incapable de communiquer, mais le charme facile de Newman et ses centres d'intérêts d'intello ont réussi à attirer cette âme terrifiée et angoissée.

« Mentalement c'était une épave, il marchait avec les yeux qui brillaient de larmes. J'étais de tout cœur avec lui. » Newman a emmené Oldfield au pub - le Jolly Boatman à Kidlington - en lui faisant boire de la Guinness pour l'aider à s'ouvrir, et ça a commencé à marcher. Mais dès que quelqu'un d'autre les a rejoint, Oldfield s'est tu à nouveau.

Un lien s'est créé et Newman est devenu non seulement le catalyseur de Virgin Records, mais en même temps de Tubular Bells.

Le Arthur Lewis Band a enregistré son LP et est parti, avant de se séparer aussitôt, mais Oldfield est resté, charmé par le refuge et la bizarrerie du Manoir, qui l'éloignait de ses problèmes.

Il s'en souvient dans son autobiographie, Changeling : « Je me souviens de Tom sortant du Manoir avec un véritable arc et des flèches - il fabriquait ses propres flèches comme un archer traditionnel. Il aimait aussi fabriquer des maquettes d'avions, qu'il construisait lui-même. Je suis monté dans sa chambre, j'ai vu ces avions et j'ai pensé : 'Oh, c'est génial !' ».

Les activités du charismatique Newman sont devenues plus tard les propres loisirs d'Oldfield.

Les deux hommes sont devenus tellement copains que Newman a accidentellement cassé une des côtes d'Oldfield en jouant à la lutte sur la pelouse du Manoir.

Newman est captivé par les démos d'Oldfield et les fait écouter à Simon Draper, le partenaire musical de Branson chez Virgin, qui prend sa défense.

Ils ont attendu, attendu, attendu... Oldfield a fait pression sur Newman, et Newman a fait pression sur Virgin. On leur donne finalement une semaine pour enregistrer la première face de ce disque qui était  techniquement difficile.

Comme le rappelle Branson lui-même : « Après avoir ouvert notre premier magasin de disques Virgin à Londres, nous avons rassemblé un peu d'argent et acheté une maison de campagne délabrée que nous avons transformée en studio d'enregistrement appelé The Manor ».

« Un jour, un ingénieur de The Manor m'a appelé pour me dire qu'il avait entendu une incroyable démo instrumentale d'un adolescent appelé Mike Oldfield. La mère de Mike était alcoolique, et quand il avait 14 ou 15 ans, il s'est enfermé dans le grenier et il a composé. Il jouait tous les instruments lui-même. »

Mike Oldfield (Image: Getty)

Au sujet du processus d'enregistrement, Newman explique : « Michael avait quelques idées de base et des morceaux de mélodie, mais ils n'étaient pas vraiment connectés. Rien n'était fixé de manière rigide.

« J'ai créé une énorme liste de morceaux qui faisait 3 mètres de long, suspendue au bout de la table de mixage. On la travaillait sans relâche jusqu'à ce que l'on sente qu'il fallait tout changer. C'était une m**** à mixer. On sollicitait l'équipement bien au-delà des attentes. »

Un tel multi-pistage était un véritable pas en avant dans la production qui était alors à la pointe. Pourtant, il avait été arrangé par des amateurs qui venaient collectivement de produire l'album instrumental le plus vendu de tous les temps. Sorti le 25 mai 1973, Oldfield, qui n'avait que 19 ans au moment de l'enregistrement, jouait presque tous les instruments.

Il comprenait deux morceaux presque entièrement instrumentaux. Aujourd'hui, les ventes sont estimées à quelques 17 millions d'exemplaires, et ce n'est pas fini. Virgin était né et Branson a décollé. Mais pas Newman. « Nous n'avons rien reçu, pas même un remerciement ou une pinte de bière », se souvient-il.

« Quelques mois plus tard, Richard était millionnaire et Michael avait disparu. » Newman a quitté Virgin l'année suivant la sortie de Tubular Bells. Il faudra attendre 10 ans, suite à une bataille juridique entre Oldfield et Virgin au sujet des royalties, pour que Newman reçoive enfin un pourcentage.

Il reçoit maintenant un pour cent de la commission d'Oldfield, ce qui représente quelque chose comme 6 000 ou 8 000 £ par an. « J'étais et je suis toujours extrêmement reconnaissant envers Michael pour cela », ajoute-t-il.

On pourrait penser qu'une telle expérience laisse un goût amer, mais Newman est remarquablement réconcilié avec son passé : « Je n'éprouve que de la joie pour Richard, et de l'admiration pour ses récompenses bien méritées », dit-il. « D'accord, il vient d'une famille modérément privilégiée et stable, mais, par Dieu, il n'a jamais, jamais été choyé par elle. Il a toujours été un homme adorable, qui a travaillé très dur, sans relâche, pour arriver à ce qu'il a, et qui permet aujourd'hui de mettre de la nourriture sur de nombreuses tables. »

Tubular Bells

La relation entre Newman et Oldfield a également connu des hauts et des bas. Ils se sont retrouvés pour travailler sur l'album Amarok d'Oldfield en 1990.

Deux ans plus tard, Newman se heurta à Trevor Horn, le producteur de Tubular Bells II. Mais un événement encore plus étrange avec Oldfield arriva peu après.

« J'ai traîné avec Michael pendant un mois ou deux, pour l'aider à préparer un nouvel album », se souvient Newman. Un jour, sa petite amie de l'époque s'est arrêtée pour dire "Bonjour" et me demander "Est-ce que tu veux quelque chose pour les courses ? ».

La brève conversation avait été observée par Oldfield depuis une fenêtre à l'étage.

Le musicien a alors commencé à fulminer de façon incohérente, disant à Newman qu'il n'avait pas le droit de parler à sa petite amie. Ils ne se sont plus parlé pendant 10 ans.

Jamais véritablement célèbre, ni jamais véritablement riche, Newman a passé la majeure partie du reste de sa vie à éviter de faire fortune. Oublier Tubular Bells, oublier son travail artistique derrière Ringo et oublier une douzaine de ses propres albums studio qui n'ont pas réussi à prendre la lumière comme Tubular Bells. Mais certaines choses ne peuvent être oubliées.

Il possédait un magasin de quartier qu'il a acheté pour 8 000 £ et revendu pour 16 000 £ après avoir lui-même imaginé des plans de rénovation. « Le nouveau propriétaire a dûment suivi mes plans et la boutique vaut environ un million aujourd'hui ».

Mike Oldfield en 1981 (Image: Getty)

Plus tard, il a acheté une Bentley Fastback Continental pour 11 000 £. « Je me suis retrouvé fauché, et j'ai dû vendre la Bentley. J'en ai tiré exactement 11 000 £. Deux mois plus tard, le marché des voitures classiques a décollé, et vous ne pouviez pas acheter une Fastback Continental pour moins de 100 000 £. »

Il s'est essayé dans une entreprise de fabrication de guitares - mais qu'il a ensuite quittée pour se consacrer à d'autres projets - dans laquelle il a créé des guitares pour les Bee Gees, les Beach Boys et John Entwistle.

Plus tard, Newman a commencé à écrire ses mémoires pour éviter les pensées suicidaires. Cherchant à les vendre à Virgin Books, il a appelé leur département marketing, expliquant qu'il était un ami de Richard. On lui a alors répond : « Qui est Richard ? ».

Le succès ne garantit pas la fortune, et s'il est riche de quelque chose, c'est hélas surtout d'expérience. Aujourd'hui âgé de 79 ans, Newman commence à travailler sur un nouvel album, Finer Old Tom [en référence à son premier album Fine Old Tom, sorti en 1975].

Alors que d'autres célèbrent le succès d'un album culte qu'il a contribué à créer, un peu de nourriture sur sa table serait bien mérité.


Traduit en français par orabidooblog.

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vendredi 24 avril 2020

ON HORSEBACK : le titre repris pour la bonne cause par Fergal Bowers & Friends



En ces temps de crise sanitaire et d'entre-aide globale, l'univers musical de Mike Oldfield est lui aussi un moyen de contribuer à la lutte, grâce ici à une reprise inattendue du titre On Horseback par un collectif éphémère irlandais en soutien au Age Action Ireland et à la Croix Rouge pour les personnes vulnérables touchées pas le Covid-19.

Sous l'impulsion du journaliste irlandais Fergal Bowers et du producteur Gary Grant, ce morceau initialement enregistré en 1975 pour l'album Ommadawn est ici ré-imaginé par la conjugaison "à distance" de plusieurs chanteur.euses et musicien.ennes irlandais, confinés aux quatre coins du pays. Il en résulte une chanson folk aux sonorités toujours très irlandaises, mais c'est tout ce que l'on pouvait espérer pour un titre comme On Horseback !

Le single est dès aujourd'hui disponible en téléchargement sur les plateformes iTunes et Google Play (vous devez d'abord configurer votre compte pour l'Irlande..). Il vous sera simplement demandé une contribution de 1,29€ pour pouvoir télécharger le titre au profit du fond de charité.

Pour plus d'info sur l'initiative, rendez-vous sur leur page : covidaidireland.ie


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dimanche 20 novembre 2016

BELERION : Les Penning présente son nouvel album ! (Interview du 14/11/2016)

Le 1er décembre prochain le flûtiste anglais Les Penning sortira son nouvel album intitulé Belerion. Orabidooblog a eu l'immense honneur d'interviewer ce musicien hors-pair qui a collaboré sur tant de succès avec Mike Oldfield, dont Portsmouth, In Dulci Jubilo et bien sûr Ommadawn ! L'occasion donc de revenir sur sa carrière et sa vision de la musique, en attendant ce nouvel album qui promet déjà des reprises des pièces issues du fruit des collaborations avec le Maestro...



Bonjour Les, et merci d'avoir accepté cet entretien. En décembre prochain sortira votre nouvel album intitulé BELERION. Quel est le concept derrière ce disque ?
Mon album, 'Belerion' est un voyage mélodique - tous les morceaux sont connectés entre eux mais je n'en dirai pas plus ! Il y a un lien musical qui les unit tous du premier au dernier. Peut-être pourrez-vous le retrouver aussi.

Pourquoi avoir choisi ce titre, et que signifie-t-il ?
Le titre de « Belerion » peut paraître étrange et mystérieux pour un album. C'est un nom très ancien pour Cornwall ou 'Shining Land' [n.d.w. noms anglais donnés pour la région des Cornouailles en Angleterre]. Je ne vis pas là-bas, pas physiquement, mais une partie de moi reste toujours là où je me suis promené et où j'ai passé parmi les meilleurs moments de ma vie. L'album était à l'origine intitulé « ...and the stones feel warm in Belerion » [n.d.w. « ...et les pierres sont chaudes à Belerion »], car un jour, en hiver, je suis allé voir l'ancien puits de Sancreed et le long du ruisseau j'ai touché la mousse recouvrant les pierres sur le chemin et à ma grande surprise elles étaient vraiment chaudes, et ce souvenir m'a conduit à m'intéresser à ce qui semble être une mystérieuse propriété connue des menhirs - ils sont chauds. Cornouailles est un pays de menhirs. Des pierres disposées par l'homme en cercles et en motifs ; il y a des formes dans le paysage qui défient l'entendement mais qui excitent la curiosité et soulèvent un mystère inévitable.

Belerion est en fait votre premier album solo, n'est-ce pas ?
En fait Belerion n'est pas mon premier album. Il y a quelques années, j'ai écrit et enregistré 'The Worldes Goodnyte' qui est encore disponible. Il m'est particulièrement précieux car il ne doit rien aux influences du passé et c'est probablement la raison pour laquelle beaucoup de gens qui me connaissent par mon autre travail ne peuvent pas bien le comprendre.

Alors pourquoi ne pas avoir réalisé plus d'albums depuis tant d'années ?
La réalisation d'albums n'a pas beaucoup marqué ma vie car j'ai surtout été occupé par d'autres projets musicaux sensés payer les factures. J'ai fait des singles, cependant, avec Polydor et Plant Life, et j'ai enregistré pas mal de musiques ça et là pour la télévision et le spectacle.

Les Penning, Phil Bates et Robert Reed

Deux artisles de premier choix ont collaboré à cet album, Phil Bates (ELO Part II) à la guitare, et Robert Reed (Magenta) comme multi-instrumentiste. A quel point ont-ils contribué à l'élaboration de cet album ?
Sans le grand Phil Bates je n'aurais jamais pu l'enregistrer, et sans le génie de Rob Reed l'album n'aurait jamais été terminé et encore moins été pressé. Le problème avec les albums c'est que je ne suis pas très bon guitariste ! Je joue beaucoup d'instruments mais je ne joue pas de guitare, qui est le plus important. Lorsque Phil Bates et moi sommes devenus amis il y a quelques années, j'ai pensé qu'il était temps d'écrire de la musique que nous pourrions jouer ensemble. Très influencé par les musiques anciennes, j'ai écrit quelques morceaux que Phil considérait comme « complètement en-dehors de sa zone de confort », il s'est avéré, bien sûr, que sa zone de confort était infiniement plus large qu'il ne l'avais imaginé, son jeu est magnifique. Ces morceaux, entre autres, sont sur le nouvel album Belerion.

Est-ce exact que l'album contiendra les ré-enregistrements de certains morceaux inédits réalisés avec Mike Oldfield en début 76 ?
Oui, quand Mike Oldfield a quitté Bradnor Hill et que nous avons arreté d'aller jouer dans les salles du Penrhos Court [ndw Restaurant], nous nous sommes tout de même retrouvés dans sa nouvelle maison à Througham Slad dans le Gloucestershire, et c'est là que nous avons enregistré sept morceaux issus de notre répertoire de Penrhos. Bien qu'ils aient été destinés à faire partie d'un album que j'étais en train de fabriquer, d'une certaine manière, ça n'est jamais arrivé.

En 2014 un album contenant les sessions perdues de Througham Slad a été édité, mais il s'est avéré par la suite que l'album était une arnaque contenant de fausses démos de Portsmouth et Argiers. Qu'est-il arrivé exactement ?
J'ai gardé la bande originale de ces enregistrements pendant environ 40 ans et, un jour, un homme en Espagne que je croyais digne de confiance m'a finalement persuadé de l'éditer - en effet, il semblait ne penser qu'à mes intérêts. Il en a fait un CD de mauvaise facture, il y a ajouté de fausses supposées démos, l'a vendu pour une somme exorbitante, puis il a disparu dans les montagnes !

Mike Oldfield va bientôt sortir la suite d'Ommadawn. Avez-vous gardé contact avec lui depuis le premier opus ?
Mike a fini par s'éloigner et les jours d'Ommadawn sont révolus. Il est possible que son nouvel album Return to Ommadawn puisse rappeler ces souvenirs passés, je l'espère.

Thank you Les !


Belerion sortira le 1er décembre prochain en version CD. Il compilera 14 titres avec les revisites de six morceaux initialement enregistrés par Les Penning et Mike Oldfield à Througham Slad en janvier 1976 (Portsmouth, Tower Hill, Bach Minuet, Nobody's Jig, Sellinger's Round, et His Rest), ainsi que certains singles sortis auparavant dont British Grenadiers et Sussex Carol. L'album devrait également être accompagné d'un DVD contenant une interview exclusive de Les Penning. En attendant les précommandes sont d'ores et déjà disponibles sur le site www.magentashopfront.com !

Et pour patienter voici la vidéo du premier morceau dévoilé, Portsmouth :


Vous pouvez suivre l'actualité de Les Penning et Robert Reed sur leur page officielle Facebook

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Belerion (2016) par Les Penning, avec Phil Bates (guitare) et Robert Reed (multi-instrumentiste) ; édité en CD+DVD; date de sortie le 1er décembre 2016.

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vendredi 14 octobre 2016

SANCTUARY II : Robert Reed récidive et transforme son essai (chronique)


En 2014, le multi-instrumentiste sortait Sanctuary, prenant son envol en assumant ses créations en tant qu'artiste solo, laissant un temps de côté son groupe Magenta et ses divers projets musicaux (Kompendium, Kiama, Chimpan A). Derrière l'hommage personnel et assumé au vénéré Mike Oldfield, la maitrise et l'inspiration mises dans sa double fresque laissera une bonne partie de la communauté des fans du Maestro sur le cul, et ravivra la flamme chez les désespérés d'entendre un jour un nouvel album instrumental de la veine d'Ommadawn et d'Incantations. Tandis que d'autres puristes (trop?) se contenteront de résumer l'exercice par un plagiat dénué d'émotion que seul Mike est capable de leur procurer. Les goûts et les couleurs...

Force est de constater que Robert Reed a réussi son pari, son premier opus recevra un accueil plus que favorable, et pas seulement auprès des cercles oldfieldiens, mais au-delà dans la grande famille du progressif (en témoignent les multiples articles consacrés sur le site à large audience PROG). Malgré les éloges sur le net, la promo reste relativement discrète, mais les copies s'épuisent, jusqu'à rupture de stock, faisant de ce succès non-anticipé l'une des belles surprises progs de l'année. Alors pourquoi ne pas récidiver lorsqu'on s'épanouit autant musicalement et que les voyants sont au vert ? Moins d'un an plus tard, Robert Reed craque et annonce le deuxième opus de Sanctuary en promettant encore plus de surprises. Rendez-vous est pris.

Sanctuary II - pochette

En juin dernier sort donc Sanctuary II dans une pochette rappelant celle de l'album précédant, mais révèlant un enrichissement inévitable. Plus de couleurs, plus de formes, mais aussi plus de moyens. Les secrets sont vite levés : il y a du monde autour du multi-instrumentiste. Robert Reed signe seul, mais n'est pas solitaire pour autant. Le projet rassemble une nouvelle fois Tom Newman et Simon Heyworth à la production et au mixage, bien sûr, mais aussi des guests de choix dont le batteur Simon Phillips, Leslie Penning aux flûtes, et les voix de la chanteuse Angharad Brinn (habituée des collaborations avec Reed) et le choeur du Synergy Vocals. Le second album se veut donc plus dynamique, de qualité supérieure au premier, avec une touche sans doute plus personnelle, mais l'ombre de Mike Oldfield est toujours aussi omniprésente...

Hommage ou plagiat ? La question est sans fin tellement certains passages sont pratiquement copiés-collés, alors que d'autres révèlent une réelle inspiration loin d'être donnée à tout le monde. Les deux fresques d'une vingtaine de minutes chacune s'enchainent sans difficulté, sans ennui, un vrai plaisir musical. Certes, les émotions n'atteignent pas le niveau d'Hergest Ridge, mais elles sont là, plus timides. La liste des instruments folkloriques utilisés y joue pour beaucoup, elle confère une atmosphère chaleureuse et la superposition des mélodies tantôt pastorales, tantôt virvoltantes, ne peut qu'éveiller l'intérêt de l'auditeur. Les parties électriques avec Simon Phillips à la batterie sont particulièrement réussies, elles apportent une fraicheur et un dynamisme inattendu, c'est effectivement une belle surprise qui à mon sens différencie le plus ce nouvel opus du premier. Les passages solistes d'Angharad Brinn - dont la voix est juste magnifique - rappellent effectivement la signature de Robert Reed en se rapportant à d'autres de ses créations comme sa récente reprise de Willow's Song en 2014.

Mais malgré ces nouvelles touches, l'impression d'écouter des passages d'Incantations, Ommadawn et Hergest Ridge rassemblés dans une seule et même fresque persiste, ils s'enchainent comme dans un exercice de haute volée dans lequel Reed démontre qu'il maitrise l'art du Maestro à la perfection. C'est peut-être là aussi que se situe le hic, le "mais" qui ne nous lache décidément pas, car même si on est tous à peu près d'accord pour dire que les quatre premiers albums de Mike sont de la même veine musicale, reprenant les mêmes procédés de base, les mêmes instruments, il y a bien une évolution dans dans la musique et les thématiques. De nouvellles expérimentations, de nouvelles prises de risque. Au final, des éléments essentiels différencient ces albums : les atmophères propres et les émotions qu'ils procurent. On en revient toujours au même point. Les émotions chez Robert Reed à côté paraissent fades, parfois même artificielles, les mélodies censées les véhiculer sont comme piochées dans ce qui existe déjà, et s'enchainent sans trop d'harmonie entre elles, comme si on s'était contenté de mêler l'envoutante intro d'Ommadawn avec le néo-folklorique Sheba pour espérer garder le meilleur... On n'a pas ce sentiment que la musique est un ensemble original qui sort des tripes. Ce manque de profondeur, déjà présent sur Sanctuary, devient ici par moments trop flagrant. Le côté robot de Reed casse le voyage et ne nous emmène finalement pas très loin... une succession de cul-de-sacs. La fin de la première partie illustre malheureusement trop bien ce sentiment lorsqu'après une montée en puissance progressive et des reprises dynamitées par les percussions de Simon Phillips, des solos éléctrifiés et des choeurs toujours grandissants, la musique s'arrête soudainement sur un chant de robot (justement), et nous abandonne avec l'excitation d'un final frissonnnant se transformant en simple frustration. L'explosion voulue par le climax ne va pas au bout.

Sanctuary II, c'est finalement comme le bon petit plat que nous faisait notre grand-mère et dont elle seule avait le secret. Et lorsque vient le jour où on le refait chez soit, avec exactement la même recette, les mêmes ingrédients, la saveur est atténuée, le plaisir est bien là mais il n'est pas le même. Ce 'petit quelque chose' manquant qui rend l'original si particulier et inégualable.

Mais ne vous y méprenez pas, derrière ces critiques peut-être un peu dures se cache un plaisir non coupable d'écouter cet album en boucle. Car oui, Sanctuary II reste une merveille, sans doute l'un des meilleurs albums que j'ai pu écouter cette année. Même s'il n'arrive pas au niveau cinq étoiles d'un Ommadawn ou d'un Amarok, il se classe sur l'étagère des albums que la platine reverra souvent et que je conseille à tout bon fan de musique progressive instrumentale, au même titre que son prédécesseur. Alors encore une fois, merci Rob !

★★★★☆

Pour aller plus loin, sachez qu'un unique concert a été donné samedi dernier (8 octobre 2016) au Real World Studios à Box, en Angleterre. Rob Reed, encore bien entouré, a joué pour la première fois en live l'intégralité des deux opus de Sanctuary devant une audience visiblement conquise. Vous pourrez par ailleurs trouver quelques photos de l'événement ainsi qu'une chronique (en anglais) à cette adresse. Mais la bonne nouvelle surtout, c'est que cette soirée spéciale a été enregistrée pour une prochaine sortie en DVD ! On aura en tout cas l'occasion d'en reparler très bientôt avec d'autres nouvelles autour des projets de Reed en relation avec MO... En attendant, les deux albums sont toujours disponibles ICI (lien amazon).

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Sanctuary II  de Robert Reed avec Simon Phillips (batterie) et Les Penning (flûtes) ; date de sortie le 10 juin 2016 aux formats vinyle (Plane Groovy - PLG046) et 2CD/DVD 5.1 (Tigermoth Productions Ltd. - TMRCD0616). Site officiel

vendredi 10 juin 2016

SANCTUARY II : Sortie aujourd'hui et concert à venir ! +VIDEOS

Et pour promouvoir cette sortie Robert Reed a publié une nouvelle vidéo devoilant un peu plus la première partie de ce second opus aux allures encore très oldfieldiennes ! Je profite de ce post pour partager également deux autres vidéos issues des sessions d'enregistrements de l'album, dont une superbe performance de Simon Phillips à la batterie !




Je rappelle que Sanctuary II est disponible aux formats vinyle et 2CD+DVD avec une version 5.1 ! (Plus d'info) De plus, un concert exceptionnel aura lieu à Londres le 8 octobre prochain et sera l'occasion d'enregistrer une version live de l'album avec un groupe d'une dizaine de musiciens pour une prochaine sortie DVD. Les tickets sont déjà en vente sur le site officiel, mais attention les places sont très limitées !



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vendredi 8 avril 2016

SANCTUARY II : l'album de Robert Reed sortira le 10 juin ! +EXTRAIT



C'est maintenant officiel, le second opus de Sanctuary sortira le 10 juin 2016 en vinyle et édition 2CD/DVD avec version 5.1 ! A l'occasion de cette annonce une vidéo promotionnelle vient d'être mise en ligne et nous révèle la très jolie pochette de l'album ainsi qu'un extrait de la première partie (et non ce n'est pas le mont Hergest Ridge ;-).

Plusieurs invités de choix ont participé à ce projet dont Simon Phillips (batterie), Leslie Penning (flûtes), Tom Newman et Simon Heyworth (production son et mix). Ce premier extrait confirme en tout cas que Rob continue sur sa lancé et compte bien nous proposer un nouvel album aux sonorités très (ou trop) oldfieldiennes ! Ce sera à chacun de se faire son avis...


En terme de contenu, l'album sera donc divisé en deux longues fresques instrumentales comme pour le premier, mais un CD bonus compilant plusieurs morceaux indépendants accompagnera également l'édition. On y trouvera notamment des versions alternatives de certains morceaux de l'album, des remix de Tom Newman ainsi que des titres inédits enregistrés avec Les Penning (on regrette au passage de ne pas y voir figurer le single Sussex Carol enregistré à Noël...).

CD1
1- Sanctuary II Part 1
2- Sanctuary II Part 2

CD2
1- Salzburg
2- Pen Y Fan
3- Les Penning Section (single edit)
4- Marimba (single edit)
5- Side Two Opening (alternative session)
6- Side Two End (alternative session)
7- Marimba (Chimban A remix)
8- Sanctuary II Part 1 (Tom Newman mix)
9- Sanctuary II Part 2 (Tom Newman mix)

DVD
1- Sanctuary II Part 1
2- Sanctuary II Part 2
(5.1 24/96 Surround Mixes)
Promo videos

Les pré-ventes sont d'ores et déjà disponibles sur le site officiel de Rob Reed.

Pour plus d'info sur ce projet et la démarche de Robert Reed, je vous invite à découvrir son interview pour le site en décembre dernier.

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mercredi 2 mars 2016

10000 THINGS : une nouvelle version chantée du thème de TUBULAR BELLS

A l'instar de la reprise de To France par une certaine Lola Baï le weekend dernier dans l'un des télé-crochets du moment, les artistes françaises ont décidément le coeur à revisiter la musique de Mike Oldfield ! Dernière en date, la compositrice-interprète De Laurentis qui vient d'annoncer la sortie de son prochain EP intitulé Brand New Soul (29 avril), avec en titre-vedette une reprise chantée de la célèbre introduction de Tubular Bells. La revisite est donc totale, jusque dans l'instrumentalisation électro/pop du thème, mais on doit bien reconnaitre que le pari est osé. Je vous invite à découvrir ce nouveau titre lunaire dans son clip noir & blanc, et n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez !



En BONUS 1, la réinterprétation de To France par Lola Baï (version studio), passée samedi dernier dans l'émission The Voice...


BONUS 2, la reprise de Sarah Brightman en 2013 avec son titre Closer (reprend le final de Tubular Bells - Part One)


BONUS 3, encore une reprise chantée du final de Tubular Bells avec Eva Mali et son titre Into The Sky.

Album Preview "Into The Sky"
Hello everybody!I'm so excited to present you this first little preview of my upcoming album! This song is called "Into The Sky" and it is the official vocal version of Tubular Bells by Mike Oldfield (who is also playing guitar on my album).In the coming weeks we will present more of my songs to you online, so stay tuned!How do you like it?
Posté par Eva Mali Official sur mardi 3 juin 2014

Forum

lundi 8 février 2016

SANCTUARY II : Une date de sortie et un invité de marque pour le nouvel opus de Rob Reed

Le deuxième album très attendu de Robert Reed pourrait sortir en avril selon le multi-instrumentiste qui travaille actuellement au mixage de la deuxième partie de son nouvel opus !

Et surprise, Robert Reed a annoncé par la même occasion que le célèbre percussionniste Simon Phillips (Toto, Crises, Discovery...) était présent sur ce nouvel album, apportant sa contribution à la batterie qui était absente sur le premier Sanctuary.

"Je travaillais sur Sanctuary II et je voulais apporter quelque chose de nouveau, et comme j'avais écarter la batterie sur le premier album, j'ai approché Simon pour lui demander s'il accepterait de venir jouer. Après avoir écouté les démos il a accepté".

Bonnes nouvelles donc ! En attendant, vous pouvez toujours redécouvrir l'interview de Reed dans laquelle il parle plus précisément de son nouveau Sanctuary toujours aussi influencé par la musique de Mike.

mardi 22 décembre 2015

SUSSEX CAROL : Les Penning et Robert Reed revisitent un classique de Noël


Alors que plusieurs fans espéraient voir un nouveau titre de Mike Oldfield sortir pour Noël, la surprise nous vient finalement de son ancien acolyte, le flûtiste Les Penning, qui publie aujourd'hui un morceau inédit en collaboration avec Robert Reed !

Revisite du morceau traditionnel Sussex Carol, cette nouvelle version - enregistrée à la dernière minute après que les deux musiciens se soient rencontrés - est juste une merveille pour les amateurs de petits instrumentaux folks qui ont tant contribué au succès de Mike Oldfield dans les années 70, avec entre autres In Dulci Jubilo et Portsmouth pour ne citer qu'eux (morceaux pour lesquels Les Penning avait justement contribué) !

Le titre est à découvrir sur YouTube (avec sa vidéo de Laurel & Hardy) et Bandcamp ! Enjoy et Joyeux Noël !



mercredi 28 octobre 2015

KEESOJEN LEHTO : Une réédition limitée pour le troisième album de Pekka Pohjola !


Aussi connu sous le nom de Mathematician's Air Display, The Consequences of Indecisions et autant de pochettes diverses et variées, cet album de 1977 fut pourtant l'unique fruit de la collaboration entre Mike Oldfield et le bassiste finlandais Pekka Pohjola alors pensionnaire du Manoir. Très marqué par le style 'oldfieldien', l'album ira même jusqu'à être crédité au nom de Mike et de Sally Oldfield sur certaines éditions non-finlandaises.

C'est aujourd'hui le label Svart Records qui réédite les quatre premiers albums originaux de Pekka Pohjola dans des éditions vinyles standards limitées à 300 exemplaires + 200 colorées. Les éditions de Keesojen Lehto viennent dans une double pochette cartonnée (gatefold) renfermant la liste des pistes et les crédits, ainsi que des photos jusque là inédites de Pekka et Mike !

Tracklist:
A1- Oivallettu matkalyhty
A2- Kädet suoristavat veden
A3- Matemaatikon lentonäytös
Pääntaivuttelun Seuraukset
    B1- Sulamaan jätetty kipu
    B2- Nykivä keskustelu tuntemattoman kanssa
B3- Varjojen varaslähtö

Note importante concernant la qualité audio, l'album étant relativement court (17-18 mins par face), la petite subtilité est que Svart Records s'est permis d'éditer les vinyles en vitesse 45-tours, ce qui procure un son plus optimal !

Si ces rééditions vous intéressent, sachez que la standard (vinyle noir) est déjà disponible à bon prix sur quelques plateformes françaises comme amazon.fr, tandis que la colorée (vinyle marron), un peu plus chère, sera certainement plus abordable en passant directement par le site du label svartrecords.com (comptez 10€ environs pour un envoi vers la France).

vendredi 24 juillet 2015

SANCTUARY : Robert Reed s'attaque au 2ème opus !


Après le succès mérité de son hommage assumé au chef d’œuvre de Mike Oldfield, Robert Reed semble bien vouloir suivre la même idée que son mentor en réalisant un second opus de son propre Tubular Bells baptisé Sanctuary. C'est en tout cas ce que suggère son récent post sur Facebook, qui suit une autre photo qu'il avait publié il y a quelques semaines l'illustrant à la guitare au sommet du mont Hergest Ridge pendant une séance de shootings pour Prog Mag en 2014. En tout cas ce qui est sûr, c'est qu'on peut s'attendre encore à un excellent album oldfieldien, et ça, ça fait du bien ! Plus d'info très vite.



samedi 27 décembre 2014

SANCTUARY : Behind the Music (vidéos)


Après une année riche en nouveautés, saupoudrée de quelques surprises (bonnes et mauvaises..), revenons sur l'un des albums qui a marqué 2014 de la patte oldfieldienne ! Car, c'est certain, Robert Reed et son SANCTUARY en aura surpris plus d'un et c'est en cette période de fêtes qu'il nous offre l'opportunité de nous replonger dans son univers en publiant cette semaine l'intégralité d'une série de vidéos revenant sur les thèmes de Sanctuary. Muni d'un piano, le multi-instrumentiste s'accorde donc quelques minutes pour décomposer morceau par morceau les deux fresques que constitues son propre Tubular Bells. Une démarche toujours très intéressante à voir et à surtout écouter !

VIDEOS : Sanctuary - Behind the Music

dimanche 23 novembre 2014

Platinum : NORTH STAR de 1977 à 2013 (origine et variations)


Hi-ha-ho ! Profitons des 35 ans de Platinum (oui oui c'est aujourd'hui) pour s'intéresser à l'un de ces titres sans doute les plus marquants : North Star (ou la quatrième et dernière partie de la fresque Platinum).

Cet album, qui a marquer un tournant dans la carrière de Mike Oldfield, n'a pas pour autant divisé les fans de la première heure. Après quatre albums imposants de par la longueur et la complexité des compositions, et une première tournée éprouvante, MO décide d'enchainer et enregistre son cinquième album à New York, que certains qualifieront de plus "commercial". Plus fractionné, plus synthétique et plus "vocal", certes, mais tout aussi ingénieux. Une unique fresque, divisée en quatre parties, compose la première face : Platinum. La seconde présente quatre autres morceaux distincts, dont deux chansons plus 'pop' (grande première !), Woodhenge et un titre étonnant, Punkadiddle : sorte de pastiche à l’égard du punk que Oldfield semblait ne pas véritablement porter dans son cœur...

Mais revenons à North Star... Qu'en est-il de ce fameux final de Platinum ? (dont la ligne de basse et ses voix nous hanteront surement encore longtemps..) Quelle est l'origine de ce titre, et quelles sont ses différentes versions ?

1977 - Étoile Polaire (North Star)
Commençons par l'origine... Les chœurs envoutants de la quatrième et dernière partie de Platinum ne sont clairement pas de Mike, mais en réalité un sample emprunté au compositeur de musique minimaliste Philip Glass qui avait écrit ce morceau, intitulé Étoile Polaire, deux ans auparavant pour la bande originale du documentaire sur le sculpteur américain Mark di Suvero. Étoile Polaire est d'ailleurs le titre d'une de ses œuvres de 1973, exposée aujourd'hui au musée de Grenoble. D'une durée de 2'40", ce morceau d'ouverture est simplement composé de chœurs chantant à tue-tête ces trois syllabes : 'Hi-ha-ho', accompagnés d'un très discret rythme au synthétiseur (minimaliste je vous disais !).
Philip Glass


1979 - Part Four - North Star / Platinum Finale
Alors que MO enregistrait son album dans les studios de New York, il rencontra le compositeur Philip Glass, qui lui proposa judicieusement d'intégrer son thème de North Star à la fresque de Platinum. Le résultat est saisissant, le final de Platinum soutenu par une basse rythmique omniprésente et les chœurs de Glass, mêlés aux rythmes tribaux et la guitare funky rendent ce morceau à la fois sombre et rayonnant ; oppressant et apaisant... Par ailleurs il faut ajouter que la musique de Glass fut certainement une influence pour Mike à la fin des années 70. Incantations, avec ses phrases musicales répétées à l'infini, en est la meilleure illustration.
Enfin, pour l'anecdote, l'ingénieur de son Kurt Munkacsi, qui avait justement travaillé sur plusieurs des albums de Philip Glass (dont Étoile Polaire), a également participé à l'enregistrement de Platinum. Un single de North Star / Platinum Finale fût édité en Espagne seulement, en 1979, aux côtés de Into Wonderland (édition Ariola Eurodisc).


2012 - North Star (2012 Mike Oldfield remix)
Trente trois ans plus tard, Mike Oldfield revisitera ce final à l'occasion de la réédition Deluxe de Platinum. Pour son remix 2012, le titre est ainsi rallongé de plus de 3 minutes, et se voit rajeunit par un nouveau réarrangement. Les fameux chœurs sont ainsi agrémentés de nouvelles variations (certaines déjà présentes sur l'original de Glass), dont une voix soliste plus cristalline. Les ajouts au niveau de l'instrumentalisation (notamment les rythmes) laissent déjà présager de sa futur révision...


2013 - Northstar (Mike Oldfield & York remix)
Car c'est l'année suivante que le morceau va connaitre son plus important lifting, à l'occasion de la sortie de l'album de remix Tubular Beats, par Mike Oldfield et (surtout) York. Cette version réarrangée à partir des multi-pistes originales et du remix de 2012 prend clairement des allures de musique de clubs d'Ibiza aux airs de samba. Les guitares d'Oldfield sont pour la plupart toujours intactes, mais beaucoup d'autres sons sont revus et agrémentés d'effets numériques, les chants sont ainsi réduits et seule la voix épurée du remix de 2012 reste en avant du morceau. Cette version dénature pas mal le morceau et ne reste finalement qu'anecdotique, à moins bien sûr d'apprécier un minimum le genre... Dans ce cas l'intégralité de Tubular Beats est faite pour vous !


On pourrait rajouter à cette liste, les multiples performances lives de cette fresque qui fut énormément jouée lors des tournées de Mike, de 1980 à 1984 (avec Maggie Reilly au chant). Certaines d'entre elles figurent sur des lives audios et vidéos, notamment sur la compilation The Complete de 1985, le DVD live de Montreux 1981, ou plus récemment le CD live de l'édition Deluxe de Platinum où figure la retranscription du concert de Wembley (28 mai 1980). Un bon nombre de bootleg-lives, dont Mirage (concert à Vienne de 1981), contiennent également leur version live de Platinum.

Alors selon vous, quelle version de North Star est la plus remarquable, la plus réussie, ou simplement celle qui n'aurait jamais du exister ??? A vos claviers !

dimanche 26 octobre 2014

Vincent Vercaigne : guitariste aux notes OLDFIELDiennes 'Made in France' !


Vincent Vercaigne est un guitariste qui nous vient du Nord et très influencé par le rock 70's et les plus grands "progressistes" de cette période à commencer par Pink Floyd et ...MIKE OLDFIELD (bien sûr) ! Déjà connu pour ses compositions et ses riffs au sein de son groupe AmartiA - formé en 1999 et avec lequel il sortira quatre albums dont le dernier en date, In a Quiet Place, en 2011 - Vincent s'est également lancé dans une aventure solo, en réalisant son premier album la même année : Cocoon (2011).

C'est avec cet album que sa musique va être beaucoup plus axée sur ses propres influences et que les touches oldfieldiennes vont devenir plus évidentes... Car c'est indéniable, Cocoon fait définitivement partie de ces albums à ranger sur l'étagère à la suite des musiques d'Oldfield.

Album (presque) exclusivement instrumental, les compositions sont riches et la guitare y tient un rôle central. Divisé en huit morceaux et autant d'atmosphères, Cocoon nous plonge ainsi dans un univers aérien, mélodique, aux touches à la fois folks et 'métaleuses'.

Les thèmes et les ambiances se suivent et nous entourent d'atmosphères chaleureuses, relaxantes - à la manière d'un cocon justement - où la légèreté des notes de flûtes viennent parfois se mêler aux arpèges de guitares. On le ressent sur le magnifique 'Omayra', qui possède d'ailleurs une trame presque floydienne (personnellement l'un des meilleurs morceaux de l'album). La guitare justement, elle vous rappellera sans doute certains passages bucoliques de Hergest Ridge ('Lullaby'), alors que l'électrique flirte plus avec les sons aériens de la période 90. Vincent va même jusqu'à agrémenter sa musique de touches plus 'métal' (une autre de ses influences dominantes) avec des riffs à la distorsion bien caractéristique du genre. Certains passages feront d'ailleurs penser parfois plus à un exercice guitaristique, à la manière d'un album de Satriani, ou comme MO avec Guitars (les sons s'en rapprochant clairement sur 'Cocoon Part 3', notamment). Mais là encore, on ne pourra qu'apprécier les talents du guitariste qui nous offre des solos électriques de haut vol !
Cocoon (2011) de Vincent Vercaigne

En résumé, Cocoon, véritable voyage progressif, est donc une réussite à conseiller aux amateurs de musique instrumentale aérienne et accessible au plus grand nombre. Vincent Vercaigne prouve ici que le prog français a encore de belles choses à montrer, à l'instar de nos voisins allemands ou scandinaves... Une belle découverte à rajouter illico au dossier des 'oldfield-like' !

Vidéo bande-annonce de l'album :


En attendant peut-être un nouvel opus (?), la réalisation d'un court métrage musical par Stéphane Aguilera et Ludovic Sonrier, intitulé Lifetime et sorti en 2013, a permis de mettre en scène de nouvelles compositions dans un style musical rock tout aussi inspiré et maitrisé. Une bonne occasion de prolonger la découverte en plus des quatre albums proposés par son groupe AmartiA (dont la musique s'éloigne quand même un peu plus de l'univers d'Oldfield).

Pour aller plus loin, voici les liens utiles :
Vincent Vercaigne (FB)
AmartiA (FB)
LIFETIME (court-métrage)

mercredi 16 juillet 2014

Autour de Mike Oldfield (brèves du 16/07/2014)

Polémique
La nouvelle très amère de ce début de mois concerne les sessions "perdues" éditées par Perh Martinez (chez Magpie Records) sur l'album Througham Slad's Lost Sessions. Après avoir annoncé la sortie d'une deuxième partie axée sur Ommadawn (!..), il s'est avéré que les premiers extraits diffusés étaient en réalité des musiques de fans récupérées sur internet et déguisées par M. Martinez pour donner l'illusion qu'il s'agissait de démos inédites issues de 1975... En approfondissant, il semble que Lost Sessions ne soit pas épargné par l'arnaque. En effet, les deux morceaux bonus de l'album (les démos de Argiers et de Portsmouth) ont aussi été authentifiées comme fausses ! A l'heure où je publie ce billet, nous attendons toujours des explications ainsi que des excuses de la part de Perh Martinez qui semble avoir trahi plusieurs de ses collaborateurs par la même occasion. Les autres morceaux figurant sur TSLS sont bel et bien des sessions inédites enregistrées par Les Penning et Mike Oldfield, seuls les deux démos bonus (titres 8 et 9) sont à écarter... Les articles concernant cet album seront donc maintenus sur le blog.

Oldfield-like
Mise à jour : trois nouveaux albums ont été ajoutés au dossier sur les musiques "à-la-Oldfield" : The (Secret) Life of Angels de Tom Newman ; Connecting Images de Julius Dobos ; et Sanctuary de Robert Reed. Dossier à découvrir ICI.

Sanctuary
Et puis tant qu'on en parle, Robert Reed a publié la première partie d'une interview de promotion dans laquelle il explique notamment comment il en est arrivé à réaliser Sanctuary. Enfin, à moins d'une semaine de sa sortie officielle, nous avons pu découvrir le premier visuel de l'album aux formats vinyle et digipack-CD !

vendredi 4 juillet 2014

Sanctuary : Rob Reed nous offre un retour aux sources (Chronique par Orabidooblog)

Imaginez... Incantations, Ommadawn, Hergest Ridge, Tubular Bells et la poignée d'électrons libres qui entourent ces œuvres. Gardez, les instruments, la complexité et l'aura qui les animent... Cette puissance hypnotisante qui entoure le final d'Ommadawn Part 1, cette atmosphère pastorale qui nous recouvre de sa couverture sur Hergest Ridge, cette complexité mélodique qui envoute la première face de Tubular Bells... Ce mélange visionnaire de musique irlandaise folklorique, de guitares électriques hurlantes et de tempos africains s’entremêlant dans une tempête frissonnante aux mélodies ingénieuses, jusqu'à l'extase finale... Nous sommes beaucoup à espérer un jour le retour de Mike Oldfield à ce haut niveau de composition, Amarok a prouvé qu'il en était largement capable. Et si ce retour venait d'un autre surdoué de la musique dite progressive ? Si cet album était imaginé, composé et joué par un admirateur inconditionnel, un multi-instrumentiste tout aussi habile, un héritier bien décidé à rendre hommage à son mentor ?
Robert Reed découvre Tubular Bells à sept ans, le choc le décidera a devenir musicien, mais pas n'importe lequel... Il apprend alors à jouer tous les instruments figurant sur le chef d’œuvre de 1973. Multi-instrumentiste confirmé, il forme le groupe Magenta en 2001 et réalise huit albums studio en 12 ans. En 2012, il concrétise le projet Kompendium, dont le premier album néo-prog sera très bien accueilli par la critique. Mais c'est en janvier 2013 que Rob se décide à se lancer dans une aventure solo avec une idée en tête : créer un album dans le style de Tubular Bells : "Je voulais jouer tous les instruments et qu'ils soient tous réels, ni synthétisés, ni échantillonnés, juste des choses bien réelles". Comme pour rendre le rêve encore plus réel, il demande les services de Tom Newman et Simon Heyworth pour la production et la masterisation de l'album. Les deux anciens collaborateurs de Mike Oldfield acceptent alors de se replonger dans l'univers de TB. Rob Reed est en passe de réaliser son rêve : SANCTUARY.


A trois semaines de sa sortie, j'ai eu la chance d'écouter l'intégralité de l'album en avant première, les extraits diffusés sur la toile avaient déjà bien attisé mon impatience et je me suis donc plongé dans cet album avec beaucoup d'espoirs mêlés à la peur d'être déçu : "Je suis très fier de l'album, je pense qu'il va vous plaire", c'est sa promesse.

         1- Sanctuary - Part One - 20'41"
         2- Sanctuary - Part Two - 18'09"

Le voyage commence et l'appréhension s’évanouit dès les premières sonorités. Le glockenspiel ouvre la première partie sur une nappe de clavier, puis les flûtes à bec rappelant déjà HR se présentent, suivies des arpèges de nylon, et c'est le grand piano qui ouvre la porte aux notes électriques d'une guitare très oldfieldienne sous des percussions triomphales, accompagnées des célèbres tubular bells. Le décor est planté à la manière d'une intro de The Wind Chimes, les choses sérieuses peuvent commencer !

Comme sur les longues fresques de MO, les deux parties de Sanctuary se décomposent en tableaux qui ont chacun une identité, un thème et une atmosphère propres. Parfois tourmenté, voire violent, ou au contraire paisible et bucolique à la manière d'un Spanish Tune ; les émotions, servies par une composition complexe et très inspirée, sont multiples. Les envolées électriques, élevées par des progressions de percussions sont dignes des plus belles montées en puissance d'Oldfield. D'ailleurs, parlons de la guitare qui garde un rôle central dans la composition de Reed. Sans atteindre le niveau technique des plus beaux solos de Mike (il y a tout de même quelques passages assez impressionnants...), le multi-instrumentiste a néanmoins réussi à reproduire les sonorités si caractéristiques du Maestro, à la fois pures et éraillées, conservant ainsi la sensation que chaque note sort tout droit des tripes.

Robert Reed entouré de ses instruments à percussion utilisés pour Sanctuary
Ayant joué tous les instruments de la pièce (à l'exception de certaines percus par Tom Newman et des chants par le Synergy Vocals de Londres), Rob Reed a eu recours aux techniques de superposition qui lui ont permis de multiplier les pistes pour monter un album riche, avec l'aide de Tom Newman, grand habitué de ce genre de fresque. Le résultat est saisissant ! Les guitares en overdub rappellent à un certain moment le puissant Electric Storm de la seconde partie d'Hergest Ridge. Les mélodies à la flûte dignes des virevoltes de Les Penning sur les arpèges acoustiques. Les chœurs mystérieux, parfois oppressants, sur des rythmes africains effreinés nous replongent dans l'ambiance magnétique d'Ommadawn. Rob respecte autant ses influences qu'il les maitrise.

Le final de la première partie - mélange de style entre Tubular Bells et Incantations - résume à lui seul l'esprit de Sanctuary. Tout y est, les instruments, la progression, l'envolée, l'émotion... Jamais un artiste n'aura autant réussi à capter l'univers oldfieldien dans ses propres compositions.

La seconde partie débute sur une structure très proche de celle de Tubular Bells, mais elle devient rapidement plus électrique, et sonne en réalité plus "moderne", empruntant notamment des sons et des ambiances issus de la fin des années 70 (dont Platinum), voire même de Tubular Bells II. Toujours par tableaux, Reed explore et restructure les procédés de Mike Oldfield, se les approprie pour en faire une œuvre originale. Les chœurs du Synergy Vocals sont d'avantage mis en avant, s'accordant une section entière au cœur du morceau. Avec ses airs ethniques et son côté offensif, le passage rappelle d'ailleurs assez bien le thème central d'Amarok. Après un moment de répit un peu plus ambient, on se dirige progressivement vers le final explosif de l'album, toujours avec la guitare électrique aux avant-postes, et des notes oldfieldiennes décidément jouissives !

Alors, ne vous attendez pas à un Sailor's Hornpipe revisité ou à une nouvelle variante du thème de l'Exorciste, il n'y en a pas. Bien plus qu'une nouvelle version de Tubular Bells, Robert Reed a recréé un album à positionner quelque part entre les quatre premières fresques de Mike Oldfield. Le compositeur anglais a puisé dans ce que MO a créé de mieux pour assembler un album-pépite où tous les fans de la première heure se retrouveront. Alors, c'est vrai, certains crierons au scandale, au manque d'originalité flagrant, au manque d'intérêt de cet album face aux chefs d'oeuvres de MO. On pourrait reprocher à Rob Reed de n'avoir rien inventé, d'avoir juste pompé, mais il s'est bel et bien construit un sanctuaire dédié à Mike Oldfield, sa source d'inspiration première. Personnellement Sanctuary me fait un grand bien et il n'est pas prêt de sortir du lecteur. Peut-être le prochain sera-t-il plus personnel, plus détaché du style oldfieldien, tout en gardant la même approche ? "Je voulais capturer l'émotion que Mike Oldfield avait réussi à communiquer à travers son jeu". Bel hommage, magnifique album, promesse tenue..!

Merci Mr Reed, et vivement l'édition 5.1 !

par Orabidooblog - juillet 2014

Sanctuary sort le 21 juillet 2014 chez Tigermoth Records aux formats CD+DVD 5.1 et vinyle.
Extraits / Site officiel / Pré-commandes


mardi 24 juin 2014

Autour de Mike Oldfield (brèves du 24/06/14)

Quelques nouvelles fraiches de ces derniers jours !

Réédition de Tubular Beats
L'album de remix, sorti en 2013 et réalisé avec le DJ York (Torsten Stenzel), est en passe d'être réédité au format vinyle ! Compilant 10 des titres les plus connus de Mike Oldfield revisités à la sauce trance/techno/house (faut aimer..), rappelons que cet album, édité chez Edel, contient un 11ème morceau inédit intitulé 'Never Too Far', sur lequel apparait la chanteuse finlandaise Tarja Turunen (ex-Nightwish). Le double album sortira le 1er août prochain (selon la fiche amazon).

Everybody Wants
Nous en avions parlé en mars au moment de la sortie du EP Kiss This, The Struts, le groupe de Luke Spiller, prévoit désormais de sortir son premier album le 28 juillet prochain ! Composé de 11 titres rocks (dont les singles Put Your Money On Me et Kiss This), cet album est très attendu et risque bien de confirmer la notoriété grandissante des quatre anglais qui ont déjà fait la première partie des Rolling Stones au Stade de France, il y a 10 jours. Pour ceux que ça intéresse, ils seront de retour en France le 22 août dans le cadre du festival du Cabaret Vert à Charleville Mézières (08).


Nuclear : numéro 1
Enfin, et alors que la bande-annonce du nouveau Metal Gear Solid V a fait le tour de la planète et continue a être visionné par des millions de fans impatients, Nuclear vient d'être propulsé au sommet des classements UK, US et planétaire des morceaux les plus écoutés sur Spotify entre le 9 et le 15 juin ! Enorme coup pour Universal Music qui ne devrait pas tarder à sortir le prochain single issu de MOTR. A moins qu'ils n'en aient même plus besoin...

mardi 17 juin 2014

Sanctuary : nouveaux EXTRAITS !

 

Décidément, le prochain album de Rob Reed est de plus en plus attendu ! Depuis l'annonce officielle de sa sortie (21 juillet), de nouveaux extraits ont été dévoilés sur la toile, renforçant encore plus l'impression de départ : SANCTUARY sera définitivement un album 100% oldfieldien de la première heure !
Postées sur Vimeo, Youtube et Soundcloud, ces extraits sont réellement bluffants dans la mesure où cet album semble effectivement tout droit sorti du Manor Studio, entre 1973 et 1978 ! Bien plus qu'une énième version de Tubular Bells, Reed semble avoir réécrit un tout nouvel opus, en conservant des structures similaires et des thèmes proches de l'original (tout comme l'avait fait MO avec Tubular Bells II). On y découvre également des sonorités proches d'Incantations et Ommadawn... Bref, préparons-nous donc à découvrir un album que l'on attendait depuis longtemps..!


Extrait 1 (Vimeo.com) : extrait de la première partie de l'album qui n'est pas sans rappeler le final de l'originale et Incantations, sur une vidéo rappelant elle aussi les clips de MO à l'époque d'In Dulci Jubilo et William Tell Overture.
Extrait 2 (Vimeo.com) : extrait de la 2nde partie avec des chœurs, cette fois, où Reed se met en scène avec humour face à un agent de maison de disque désintéressé par sa musique. Une expérience que MO vivra plusieurs fois avant que Richard Branson accepte finalement de sortir Tubular Bells, en 1973. Amarok n'est pas très loin non plus sur cet extrait...
Extrait 3 (Soundcloud) : extrait plus posé qui rappelle, entre autres, le début de la seconde partie de Tubular Bells...