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mardi 17 janvier 2017

RETURN TO OMMADAWN : Les critiques de Prog Mag et Classic Pop (Fév 2017)


Voici les traductions de nouvelles critiques de Return To Ommadawn publiées dans deux magazines musicaux anglais : Prog - qui consacre d'ailleurs huit pages à Mike Oldfield, dans son nouveau numéro - et Classic Pop. Des chroniques qui en disent un peu plus sur ce nouvel album qui visiblement est de mieux en mieux accueilli par la presse musicale !

Traduction de la critique du magazine Prog n°73 - Fév 2017

MIKE OLDFIELD

Retourne aussi bien à un "état d'esprit" qu'à un concept musical, ce travail d'une intensité tranquile reflète les tumultes personnels de son créateur.

Texte : Paul Lester Illustration : Craig Lenihan
Prog n°73, fév 2017

Le troisième album de Mike Oldfield, Ommadawn de 1975, fût enregistré au lendemain de la mort de sa mère. Selon ses mots, il "communiquait peu avec son père", et il avait du mal à gérer le stress - qui se manifestait par des crises de panique - amené par l'énorme succès de son premier album Tubular Bells en 1973.
Quarante ans après, son dernier travail Return To Ommadawn, a été réalisé dans les mêmes circonstances tumultueuses. Il se remettait à peine de l'apothéose de sa carrière en jouant à la Cérémonie d'Ouverture des Jeux Olympiques de Londres en 2012, lorsque son père décéda. Puis, en 2015, son fils de 33 ans Dougal mourut soudainement. "Parfois la vie vous met à l'épreuve." a-t-il dit à l'auteur récemment [Classic Rock #232]. "Ces quatre dernières années ont été très difficiles." Fort heureusement, il a eu un endroit où mettre toutes ses émotions : sa musique.
"En particulier dans la guitare",  dit-il.
"Ca vous donne une sorte de puissance. Sans cela, vous faites de la musique fade, qui ne tire pas sur la corde sensible."
Voici venu le moment où nous enterrons enfin l'idée qu'Oldfield est un colporteur de musique d'ambiance new age, innoffensive et bonne pour faire la sieste. On classerait mieux cette musique comme "tranquilement intense". Oui, il y a de jolies cordes de guitares acoustiques pincées et un air serein de contemplation. Mais derrière la supposée tranquilité qui règne en surface, le musicien nous trompe bien, essayant de contrôler le tumulte qui fait rage à l'intérieur.
Cette nouvelle version d'Ommadawn, donc, montre un Oldfield revenu à un "état d'esprit", un lieu qui le permet d'être équilibré et calme. Mais s'agit-il d'une revisite points par points ou un simple clin d'oeil à l'original ? Les crédits de ce premier album acoustique reposant sur des instruments à cordes depuis longtemps inclus plusieurs instruments similaires, comme le bodhran et la mandoline (dont il a repris ceux utilisés sur Ommadawn), il y a aussi le glockenspiel, des flûtes irlandaises [penny whistle] à la place des flûtes originales. A part cela, Oldfield a manié ses talents à la guitare électrique - une Gibson SG comme sur l'original -  ainsi qu'à la basse acoustique, au ukulele, aux tambours africains, et à la harpe celtique.
La plupart des claviers ont été joués en utilisant leur version en "réalité virtuelle" - des modules - par souci de simplicité. C'est un exercice solo qui n'est pimenté d'aucun caméo comme avait pu l'être Ommadawn Premier-du-nom : Oldfield vit aujourd'hui isolé aux Bahamas et des artistes pareils à Paddy Moloney ou Bridget St John ne peuvent pas juste apparaitre comme ça, comme ils le pouvaient à Beacon dans le Herefordshire.
Il y a des avantages et des inconvénients dans cette approche. D'un côté, Return To Ommadawn c'est Oldfield, le mégalomane prodige par excellence, il y a une régularité dans le son, et le fait qu'Oldfield ait virtuellement tout joué augmente le sentiment d'une agréable fresque musicale faite maison. D'un autre côté, l'original était plus idéaliste, avec plus de rebondissements et une plus grande variété de mélodies et de textures.
Un examen plus attentif révèle des fragments ponctuels de mélodies issus du premier Ommadawn, quoique sous une forme différente : "J'ai pensé qu'il devait y avoir quelques petites choses de l'album original, alors j'ai pris des morceaux de chants, je les ai découpés, traités, inversés puis réédités tous ensemble, et progressivement, un après-midi, une nouvelle mélodie est apparue avec d'étranges sons mystiques", expliquait Oldfield. C'est vrai, par contre, qu'il existe une atmosphère générale : on ressent la revisite d'Ommadawn, et c'est le plus important. L'album est divisé en une Partie 1 et 2, chacune un peu plus longue que l'originale, et il y a un écho à On Horseback vers la fin de la dernière.
Il y a de bonnes heures à passer à s'amuser à "comparer et différencier". Il y a par exemple un motif de guitare pincée qui est semblable aux deux albums autour des 2min 20s. Il y a des rythmes nettement tribaux, reflétant la tentative pionnière d'une world music sur la version 1.0. Return To Ommadawn est un bijou pour les fans du guitariste Oldfield, qui superpose ses propres pistes, allant d'effervescences acoustiques à des pistes électriques plaintives.
Il n'est peut-être pas aussi varié que son aïeul, plus uniforme, mais il est émouvant, avec un potentiel pour servir une musique de cinéma. Il n'y a rien ici qui pourrait convenir à un film, disons, sur une fillette qui est possédée par le démon, mais les opportunités pour accompagner des scènes vibrantes sur la beauté de la nature sont infinies.
Par contre, ne soyez pas duppés par la splendeur mélodique. Il y a du sang sur ces pistes.

Prog Magazine #73, Février 2017

Traduction de la critique du magazine Classic Pop n°27 - Fév/Mar 2017, p. 95

MIKE OLDFIELD
RETURN TO OMMADAWN
VIRGIN EMI

3/5
Classic Pop n°27, fév/mar 2017

Si vous avez envie de flûtes irlandaises, de bodhrans, de harpes celtiques, de ukuleles et de glockenspiels, et que vous aimez l'idée d'un retour au folk progressif, alors réjouissez-vous ! Mike Oldfield est de retour, il a - pour les plus cyniques - réinvestit la scène de crime. Return To Ommadawn est la suite du gros succès de 1975, Ommadawn - le troisième album d'Oldfield - et il est lui aussi divisé en deux parties de 21 minutes chacune, qui traversent aussi bien des thèmes sentimentaux que des mélodies mielleuses, pinçant chacune de nos cordes sensibles disponibles. Les meilleurs passages rappellent le Local Hero de Mark Knopfler ; les pires appartiennent à une époque presque oubliée. Les rumeurs qui disent qu'Ommadawn est une anglicisation d'un mot irlandais pour "idiot" ont longtemps été réfutées par Oldfield, qui insiste pour dire que c'est juste un non-sens, mais ces deux mots sont trop sévères pour décrire quelque chose qui vient clairement du coeur. WW

Classic Pop #27, Février/Mars 2017

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Return To Ommadawn (2017) par Mike Oldfield ; édité chez UMC/Virgin EMI ; date de sortie le 20 janvier 2017. Précommandes / Preorders

Forum

16 commentaires:

Kcnarf59 a dit…

Bonjour,

Il y a apparemment peu de commentaires sur les derniers articles publiés. Je pense que tout le monde est en "standby" jusqu'à vendredi.
J'ai personnellement fait le malin et j'ai attendu pour pré-commander.
Du coup, rupture chez Amazon. J'étais vert ! Heureusement, j'ai pu me reporter sur la Fnac et je viens de voir à l'instant que la commande était en attente de prise en charge par le livreur. Pour ma part, commandé le vinyle et le coffret Digipack. Étant donné que Mike l'a conçu à "l'ancienne", je ferai ma première écoute sur le support vinyle, à "l'ancienne". J'approfondirai ensuite sur CD et au casque.
Vu les deux dernières critiques, je commence à m'impatienter...

Anonyme a dit…

Oui, et bien, je l'ai pré-commandé chez Leclerc Multimédia en bas de chez moi depuis trois semaines.
Le revendeur m'a dit qu'il me l'aurait peut-être pour aujourd'hui mercredi ou jeudi 19 janvier, et qu'il me préviendrait.
Comme je passais dans le quartier, je suis passé au magasin.
Bilan : Le commercial de chez Universal n'a pas voulu le livrer au motif qu'il n'y avait qu'un seul exemplaire en pré-commande, et que donc, cela ne valait pas la peine de livrer le magasin !!!
Le revendeur me proposait de valider à nouveau la commande, pour le recevoir finalement mardi de la semaine prochaine, soit le 24 janvier (je n'invente rien).
"Oui, bien sûr, pour le recevoir peut-être le 28", j'ai imaginé...

Bon, mon sang n'a fait qu'un tour, je lui ai dit ce que je pensais, surtout d'Universal et consorts.

Vu que c'est le troisième CD et le quatrième DVD que je ne peux tout simplement pas commandé chez eux (sans rire), pour moi, fini le centre Leclerc Multimédia.

Du coup, je suis condamné à errer dans les différents magasins de musique aux alentours de chez moi le 20 janvier 2017 pour pouvoir acheter le CD Return To Ommadawn de Mike Oldfield.
Celui qui achète le CD avant moi,devant moi, alors que c'est le dernier en magasin, je l'étripe.

Moi qui pensais passer un week-end en douce compagnie musicale, je vais devoir me lever tôt.

Bonne fin de semaine.

E-Gwen.

Francis Broka a dit…

J'avais l'intention de l'acheter d'office vendredi, mais je me suis ravisé : vendredi matin, je vais voir s'il est sur Spotify. Si c'est le coup de foudre, je l'achèterai. Contrairement à d'autres, je ne trouve pas les critiques très enthousiastes.

Anonyme a dit…

Hello
J'ai reçu l'album à midi ce jour.
L'oeuvre est merveilleuse!
J'en ai pleuré à la fin de la deuxième partie..
Merci Mike Oldfield!

Tioub a dit…

Veinard ! Moi je l' attends...il devrait arriver samedi à la cnaf.
En tout cas ton commentaire me fait languir ��

tija b a dit…

Je viens de l'écouter. ça fait chaud au cœur.

Des petits frissons partout tout du long, un enchaînement de petites merveilles.

Presque trop court à mes oreilles.

Tioub a dit…

Là, ça devient de la torture caractérisée...Pendant que j' y suis avez vous remarqué le rapport qu il y a entre "The Song of the Boat Men" et "Moonshine" ?

Francis Broka a dit…

Introuvable le jour de sa sortie dans une grande ville comme Liège, ni au Media Markt, ni à la Fnac. C'est sûr que ça n'arriverait pas avec un nouvel album de la grosse, ou du grand squelette (vous savez, le nouveau Jacques Brel, mdr) ou avec la dernière ordure rap... Pathétique !

cain a dit…

n'ayant pas reçu ma préco, je passe par des moyens détournés.
premiere écoute : je suis heureux, j'ai des frissons.
encore.
depuis tout ce temps, après de trop nombreuses déceptions, il est là l'album que je t'attendais, il est vraiment là.
oh loin de moi l'idée de jeter la pierre aux précédents albums, ils étaient toujours un cran en dessous de l'émotion que j'ai pu avoir avec ommadawn, incantation ou hergest ridge...
j'ai retrouvé le mike oldfield que j'aime, que j'adule, que j'adore.
J'avais lu quelqu'un qu'il était déçu car RTO était un album de commande, par les fans. Moi, Mike, je retombe amoureux.
Je dis merci Mike, merci pour me donner des émotions, encore.
Tu m'en fais encore des comme ça, j'en redemande.

Fabrice B a dit…

Reçu hier Jeudi 19/01 par l'intermédiaire de la Fnac,je trouve que c'est un excellent album avec enfin une mise en avant de ses guitares...j'adoreeeeeee ;-)

Lr Tubular a dit…

Il y a eu Ommadawn est il y aura Return To Ommadawn c'est un excellent album

Iorgosprog a dit…

J'ai reçu l'opus aujourd'hui par la poste! Evidemment, je l'ai mis de suite dans le lecteur... Et j'ai été un peu surpris... mais guère étonné. La première écoute de la face A me donnait le sentiment qu'on m'avait fourgué une compile celtique de chez intermarché du genre avec "des menhirs sur la pochette". Une jolie musique pas heurtante, un peu kitsch et quelque peu convenue... Un final décevant... Ca m'a un peu coupé l'appétit pour le déjeuner et l'attaque de la face B... Mais comme les enfants insistaient, on a écouté l'autre partie au dessert. Le final est de toute classe, vraiment, vraiment émouvant car on y rencontre le vrai Mike: Du folk et de l'humour un peu déjanté musicalement. Une mélodie au top mais qui m'a fait penser un moment à un leitmotif du film "le hobbit"... Comme je suis illustrateur, j'ai passé l'après midi à réécouter le scud en boucle tout en dessinant. Au final, les subtilités impressionnantes que recèle ce disque ne sont pas faites pour être découvertes en faisant la vaisselle mais nécessitent une écoute attentive et régulière. Au bout de la 4e on se dit que finalement, c'est vachement mieux que le truc que Mike avait pondu avant et que je n'ai pu écouter que 4 fois dans sa version instrumentale...

Georges a dit…

Il me semble que dans le final de la 1ere partie, les voix tirées d'Ommadawn sont passées à l'envers... Non? Cette fameuse phrase "le chat boit du lait, je suis fou".

salociN a dit…

2 petites choses, une ici trouvée sur le compte Twitter de MO :
https://pbs.twimg.com/media/C3NRhgbUMAAJVM3.jpg:large
> Return to Ommadawn fait son entrée à la 4ème position dans les charts UK, soit la même entrée que Ommadawn 42 ans plus tôt.

Et puis cette bizarrerie, une télé-interview assez surréaliste aux accents parodiques, à laquelle je ne sais quel crédit accorder !
https://www.youtube.com/watch?v=neu5ZxyVsLs
> Entre 2 approximations, on y apprend notamment que MO aurait envisagé de faire une exception dans sa retraite des concerts pour se rendre... à la cérémonie d'investiture de Donald Trump, précisant qu'il était un grand fan de celui-ci :-(

tija b a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

Interview plus detaillee sur 'the Australian':
http://www.theaustralian.com.au/news/world/the-times/mike-oldfield-tubular-bells-legend-launches-new-album-ommadawn/news-story/48a60638b49eb218d870409cc3cedcf9
Pro-Trump, pro-Brexit, ca sent un peu le renfermé.