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dimanche 20 novembre 2016

BELERION : Les Penning présente son nouvel album ! (Interview du 14/11/2016)

Le 1er décembre prochain le flûtiste anglais Les Penning sortira son nouvel album intitulé Belerion. Orabidooblog a eu l'immense honneur d'interviewer ce musicien hors-pair qui a collaboré sur tant de succès avec Mike Oldfield, dont Portsmouth, In Dulci Jubilo et bien sûr Ommadawn ! L'occasion donc de revenir sur sa carrière et sa vision de la musique, en attendant ce nouvel album qui promet déjà des reprises des pièces issues du fruit des collaborations avec le Maestro...



Bonjour Les, et merci d'avoir accepté cet entretien. En décembre prochain sortira votre nouvel album intitulé BELERION. Quel est le concept derrière ce disque ?
Mon album, 'Belerion' est un voyage mélodique - tous les morceaux sont connectés entre eux mais je n'en dirai pas plus ! Il y a un lien musical qui les unit tous du premier au dernier. Peut-être pourrez-vous le retrouver aussi.

Pourquoi avoir choisi ce titre, et que signifie-t-il ?
Le titre de « Belerion » peut paraître étrange et mystérieux pour un album. C'est un nom très ancien pour Cornwall ou 'Shining Land' [n.d.w. noms anglais donnés pour la région des Cornouailles en Angleterre]. Je ne vis pas là-bas, pas physiquement, mais une partie de moi reste toujours là où je me suis promené et où j'ai passé parmi les meilleurs moments de ma vie. L'album était à l'origine intitulé « ...and the stones feel warm in Belerion » [n.d.w. « ...et les pierres sont chaudes à Belerion »], car un jour, en hiver, je suis allé voir l'ancien puits de Sancreed et le long du ruisseau j'ai touché la mousse recouvrant les pierres sur le chemin et à ma grande surprise elles étaient vraiment chaudes, et ce souvenir m'a conduit à m'intéresser à ce qui semble être une mystérieuse propriété connue des menhirs - ils sont chauds. Cornouailles est un pays de menhirs. Des pierres disposées par l'homme en cercles et en motifs ; il y a des formes dans le paysage qui défient l'entendement mais qui excitent la curiosité et soulèvent un mystère inévitable.

Belerion est en fait votre premier album solo, n'est-ce pas ?
En fait Belerion n'est pas mon premier album. Il y a quelques années, j'ai écrit et enregistré 'The Worldes Goodnyte' qui est encore disponible. Il m'est particulièrement précieux car il ne doit rien aux influences du passé et c'est probablement la raison pour laquelle beaucoup de gens qui me connaissent par mon autre travail ne peuvent pas bien le comprendre.

Alors pourquoi ne pas avoir réalisé plus d'albums depuis tant d'années ?
La réalisation d'albums n'a pas beaucoup marqué ma vie car j'ai surtout été occupé par d'autres projets musicaux sensés payer les factures. J'ai fait des singles, cependant, avec Polydor et Plant Life, et j'ai enregistré pas mal de musiques ça et là pour la télévision et le spectacle.

Les Penning, Phil Bates et Robert Reed

Deux artisles de premier choix ont collaboré à cet album, Phil Bates (ELO Part II) à la guitare, et Robert Reed (Magenta) comme multi-instrumentiste. A quel point ont-ils contribué à l'élaboration de cet album ?
Sans le grand Phil Bates je n'aurais jamais pu l'enregistrer, et sans le génie de Rob Reed l'album n'aurait jamais été terminé et encore moins été pressé. Le problème avec les albums c'est que je ne suis pas très bon guitariste ! Je joue beaucoup d'instruments mais je ne joue pas de guitare, qui est le plus important. Lorsque Phil Bates et moi sommes devenus amis il y a quelques années, j'ai pensé qu'il était temps d'écrire de la musique que nous pourrions jouer ensemble. Très influencé par les musiques anciennes, j'ai écrit quelques morceaux que Phil considérait comme « complètement en-dehors de sa zone de confort », il s'est avéré, bien sûr, que sa zone de confort était infiniement plus large qu'il ne l'avais imaginé, son jeu est magnifique. Ces morceaux, entre autres, sont sur le nouvel album Belerion.

Est-ce exact que l'album contiendra les ré-enregistrements de certains morceaux inédits réalisés avec Mike Oldfield en début 76 ?
Oui, quand Mike Oldfield a quitté Bradnor Hill et que nous avons arreté d'aller jouer dans les salles du Penrhos Court [ndw Restaurant], nous nous sommes tout de même retrouvés dans sa nouvelle maison à Througham Slad dans le Gloucestershire, et c'est là que nous avons enregistré sept morceaux issus de notre répertoire de Penrhos. Bien qu'ils aient été destinés à faire partie d'un album que j'étais en train de fabriquer, d'une certaine manière, ça n'est jamais arrivé.

En 2014 un album contenant les sessions perdues de Througham Slad a été édité, mais il s'est avéré par la suite que l'album était une arnaque contenant de fausses démos de Portsmouth et Argiers. Qu'est-il arrivé exactement ?
J'ai gardé la bande originale de ces enregistrements pendant environ 40 ans et, un jour, un homme en Espagne que je croyais digne de confiance m'a finalement persuadé de l'éditer - en effet, il semblait ne penser qu'à mes intérêts. Il en a fait un CD de mauvaise facture, il y a ajouté de fausses supposées démos, l'a vendu pour une somme exorbitante, puis il a disparu dans les montagnes !

Mike Oldfield va bientôt sortir la suite d'Ommadawn. Avez-vous gardé contact avec lui depuis le premier opus ?
Mike a fini par s'éloigner et les jours d'Ommadawn sont révolus. Il est possible que son nouvel album Return to Ommadawn puisse rappeler ces souvenirs passés, je l'espère.

Thank you Les !


Belerion sortira le 1er décembre prochain en version CD. Il compilera 14 titres avec les revisites de six morceaux initialement enregistrés par Les Penning et Mike Oldfield à Througham Slad en janvier 1976 (Portsmouth, Tower Hill, Bach Minuet, Nobody's Jig, Sellinger's Round, et His Rest), ainsi que certains singles sortis auparavant dont British Grenadiers et Sussex Carol. L'album devrait également être accompagné d'un DVD contenant une interview exclusive de Les Penning. En attendant les précommandes sont d'ores et déjà disponibles sur le site www.magentashopfront.com !

Et pour patienter voici la vidéo du premier morceau dévoilé, Portsmouth :


Vous pouvez suivre l'actualité de Les Penning et Robert Reed sur leur page officielle Facebook

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Belerion (2016) par Les Penning, avec Phil Bates (guitare) et Robert Reed (multi-instrumentiste) ; édité en CD+DVD; date de sortie le 1er décembre 2016.

Forum

vendredi 14 octobre 2016

SANCTUARY II : Robert Reed récidive et transforme son essai (chronique)


En 2014, le multi-instrumentiste sortait Sanctuary, prenant son envol en assumant ses créations en tant qu'artiste solo, laissant un temps de côté son groupe Magenta et ses divers projets musicaux (Kompendium, Kiama, Chimpan A). Derrière l'hommage personnel et assumé au vénéré Mike Oldfield, la maitrise et l'inspiration mises dans sa double fresque laissera une bonne partie de la communauté des fans du Maestro sur le cul, et ravivra la flamme chez les désespérés d'entendre un jour un nouvel album instrumental de la veine d'Ommadawn et d'Incantations. Tandis que d'autres puristes (trop?) se contenteront de résumer l'exercice par un plagiat dénué d'émotion que seul Mike est capable de leur procurer. Les goûts et les couleurs...

Force est de constater que Robert Reed a réussi son pari, son premier opus recevra un accueil plus que favorable, et pas seulement auprès des cercles oldfieldiens, mais au-delà dans la grande famille du progressif (en témoignent les multiples articles consacrés sur le site à large audience PROG). Malgré les éloges sur le net, la promo reste relativement discrète, mais les copies s'épuisent, jusqu'à rupture de stock, faisant de ce succès non-anticipé l'une des belles surprises progs de l'année. Alors pourquoi ne pas récidiver lorsqu'on s'épanouit autant musicalement et que les voyants sont au vert ? Moins d'un an plus tard, Robert Reed craque et annonce le deuxième opus de Sanctuary en promettant encore plus de surprises. Rendez-vous est pris.

Sanctuary II - pochette

En juin dernier sort donc Sanctuary II dans une pochette rappelant celle de l'album précédant, mais révèlant un enrichissement inévitable. Plus de couleurs, plus de formes, mais aussi plus de moyens. Les secrets sont vite levés : il y a du monde autour du multi-instrumentiste. Robert Reed signe seul, mais n'est pas solitaire pour autant. Le projet rassemble une nouvelle fois Tom Newman et Simon Heyworth à la production et au mixage, bien sûr, mais aussi des guests de choix dont le batteur Simon Phillips, Leslie Penning aux flûtes, et les voix de la chanteuse Angharad Brinn (habituée des collaborations avec Reed) et le choeur du Synergy Vocals. Le second album se veut donc plus dynamique, de qualité supérieure au premier, avec une touche sans doute plus personnelle, mais l'ombre de Mike Oldfield est toujours aussi omniprésente...

Hommage ou plagiat ? La question est sans fin tellement certains passages sont pratiquement copiés-collés, alors que d'autres révèlent une réelle inspiration loin d'être donnée à tout le monde. Les deux fresques d'une vingtaine de minutes chacune s'enchainent sans difficulté, sans ennui, un vrai plaisir musical. Certes, les émotions n'atteignent pas le niveau d'Hergest Ridge, mais elles sont là, plus timides. La liste des instruments folkloriques utilisés y joue pour beaucoup, elle confère une atmosphère chaleureuse et la superposition des mélodies tantôt pastorales, tantôt virvoltantes, ne peut qu'éveiller l'intérêt de l'auditeur. Les parties électriques avec Simon Phillips à la batterie sont particulièrement réussies, elles apportent une fraicheur et un dynamisme inattendu, c'est effectivement une belle surprise qui à mon sens différencie le plus ce nouvel opus du premier. Les passages solistes d'Angharad Brinn - dont la voix est juste magnifique - rappellent effectivement la signature de Robert Reed en se rapportant à d'autres de ses créations comme sa récente reprise de Willow's Song en 2014.

Mais malgré ces nouvelles touches, l'impression d'écouter des passages d'Incantations, Ommadawn et Hergest Ridge rassemblés dans une seule et même fresque persiste, ils s'enchainent comme dans un exercice de haute volée dans lequel Reed démontre qu'il maitrise l'art du Maestro à la perfection. C'est peut-être là aussi que se situe le hic, le "mais" qui ne nous lache décidément pas, car même si on est tous à peu près d'accord pour dire que les quatre premiers albums de Mike sont de la même veine musicale, reprenant les mêmes procédés de base, les mêmes instruments, il y a bien une évolution dans dans la musique et les thématiques. De nouvellles expérimentations, de nouvelles prises de risque. Au final, des éléments essentiels différencient ces albums : les atmophères propres et les émotions qu'ils procurent. On en revient toujours au même point. Les émotions chez Robert Reed à côté paraissent fades, parfois même artificielles, les mélodies censées les véhiculer sont comme piochées dans ce qui existe déjà, et s'enchainent sans trop d'harmonie entre elles, comme si on s'était contenté de mêler l'envoutante intro d'Ommadawn avec le néo-folklorique Sheba pour espérer garder le meilleur... On n'a pas ce sentiment que la musique est un ensemble original qui sort des tripes. Ce manque de profondeur, déjà présent sur Sanctuary, devient ici par moments trop flagrant. Le côté robot de Reed casse le voyage et ne nous emmène finalement pas très loin... une succession de cul-de-sacs. La fin de la première partie illustre malheureusement trop bien ce sentiment lorsqu'après une montée en puissance progressive et des reprises dynamitées par les percussions de Simon Phillips, des solos éléctrifiés et des choeurs toujours grandissants, la musique s'arrête soudainement sur un chant de robot (justement), et nous abandonne avec l'excitation d'un final frissonnnant se transformant en simple frustration. L'explosion voulue par le climax ne va pas au bout.

Sanctuary II, c'est finalement comme le bon petit plat que nous faisait notre grand-mère et dont elle seule avait le secret. Et lorsque vient le jour où on le refait chez soit, avec exactement la même recette, les mêmes ingrédients, la saveur est atténuée, le plaisir est bien là mais il n'est pas le même. Ce 'petit quelque chose' manquant qui rend l'original si particulier et inégualable.

Mais ne vous y méprenez pas, derrière ces critiques peut-être un peu dures se cache un plaisir non coupable d'écouter cet album en boucle. Car oui, Sanctuary II reste une merveille, sans doute l'un des meilleurs albums que j'ai pu écouter cette année. Même s'il n'arrive pas au niveau cinq étoiles d'un Ommadawn ou d'un Amarok, il se classe sur l'étagère des albums que la platine reverra souvent et que je conseille à tout bon fan de musique progressive instrumentale, au même titre que son prédécesseur. Alors encore une fois, merci Rob !

★★★★☆

Pour aller plus loin, sachez qu'un unique concert a été donné samedi dernier (8 octobre 2016) au Real World Studios à Box, en Angleterre. Rob Reed, encore bien entouré, a joué pour la première fois en live l'intégralité des deux opus de Sanctuary devant une audience visiblement conquise. Vous pourrez par ailleurs trouver quelques photos de l'événement ainsi qu'une chronique (en anglais) à cette adresse. Mais la bonne nouvelle surtout, c'est que cette soirée spéciale a été enregistrée pour une prochaine sortie en DVD ! On aura en tout cas l'occasion d'en reparler très bientôt avec d'autres nouvelles autour des projets de Reed en relation avec MO... En attendant, les deux albums sont toujours disponibles ICI (lien amazon).

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Sanctuary II  de Robert Reed avec Simon Phillips (batterie) et Les Penning (flûtes) ; date de sortie le 10 juin 2016 aux formats vinyle (Plane Groovy - PLG046) et 2CD/DVD 5.1 (Tigermoth Productions Ltd. - TMRCD0616). Site officiel

mardi 22 décembre 2015

SUSSEX CAROL : Les Penning et Robert Reed revisitent un classique de Noël


Alors que plusieurs fans espéraient voir un nouveau titre de Mike Oldfield sortir pour Noël, la surprise nous vient finalement de son ancien acolyte, le flûtiste Les Penning, qui publie aujourd'hui un morceau inédit en collaboration avec Robert Reed !

Revisite du morceau traditionnel Sussex Carol, cette nouvelle version - enregistrée à la dernière minute après que les deux musiciens se soient rencontrés - est juste une merveille pour les amateurs de petits instrumentaux folks qui ont tant contribué au succès de Mike Oldfield dans les années 70, avec entre autres In Dulci Jubilo et Portsmouth pour ne citer qu'eux (morceaux pour lesquels Les Penning avait justement contribué) !

Le titre est à découvrir sur YouTube (avec sa vidéo de Laurel & Hardy) et Bandcamp ! Enjoy et Joyeux Noël !



mercredi 16 juillet 2014

Autour de Mike Oldfield (brèves du 16/07/2014)

Polémique
La nouvelle très amère de ce début de mois concerne les sessions "perdues" éditées par Perh Martinez (chez Magpie Records) sur l'album Througham Slad's Lost Sessions. Après avoir annoncé la sortie d'une deuxième partie axée sur Ommadawn (!..), il s'est avéré que les premiers extraits diffusés étaient en réalité des musiques de fans récupérées sur internet et déguisées par M. Martinez pour donner l'illusion qu'il s'agissait de démos inédites issues de 1975... En approfondissant, il semble que Lost Sessions ne soit pas épargné par l'arnaque. En effet, les deux morceaux bonus de l'album (les démos de Argiers et de Portsmouth) ont aussi été authentifiées comme fausses ! A l'heure où je publie ce billet, nous attendons toujours des explications ainsi que des excuses de la part de Perh Martinez qui semble avoir trahi plusieurs de ses collaborateurs par la même occasion. Les autres morceaux figurant sur TSLS sont bel et bien des sessions inédites enregistrées par Les Penning et Mike Oldfield, seuls les deux démos bonus (titres 8 et 9) sont à écarter... Les articles concernant cet album seront donc maintenus sur le blog.

Oldfield-like
Mise à jour : trois nouveaux albums ont été ajoutés au dossier sur les musiques "à-la-Oldfield" : The (Secret) Life of Angels de Tom Newman ; Connecting Images de Julius Dobos ; et Sanctuary de Robert Reed. Dossier à découvrir ICI.

Sanctuary
Et puis tant qu'on en parle, Robert Reed a publié la première partie d'une interview de promotion dans laquelle il explique notamment comment il en est arrivé à réaliser Sanctuary. Enfin, à moins d'une semaine de sa sortie officielle, nous avons pu découvrir le premier visuel de l'album aux formats vinyle et digipack-CD !

lundi 26 mai 2014

Retour sur Througham Slad's Lost Sessions


Après avoir découvert Througham Slad's Lost Sessions, édité chez Magpie Records, voici quelques précisions sur cet album sorti de l'oubli.

A la première écoute, l'impression qui ressort est que Leslie Penning mérite bien sa première place dans les crédits, car il s'agit effectivement plus d'un album de Leslie (lire la note en bas de page) sur lequel Mike a apporté son soutien en tant que guitariste, comme il avait l'habitude de le faire avec d'autres artistes  (David Bedford, Pekka Pojhola...). Une sorte d'échange de services, car n'oublions pas que le flûtiste a également apporté sa contribution sur In Dulci Jubilo, Ommadawn, Cuckoo Song ou Pipe Tune... tous crédités à la discographie officielle de Mike Oldfield. Sauf qu'ici, à la différence de ces derniers, la performance de Mike est plus en retrait, elle laisse le devant de la scène aux mélodies virevoltantes, les arpèges folks se contentant la plus part du temps de tramer la piste (un peu à la manière de ce qu'il faisait déjà avec Sallyangie).

Pas de solo électrique, ni d'overdubs à l'infini, les morceaux sont courts (2'40" en moyenne), dans un style traditionnel, et les instruments se comptent le plus souvent sur les doigts d'une main (Portsmouth étant de loin le plus fourni). On découvre ainsi des duos bucoliques flûte/guitare en toute simplicité, comme les rafraichissants Nobody's Jig, Selinger's Round et Minuet (arrangement du thème classique composé par J-S Bach).

Certains titres s'offrent quand même de légères contributions supplémentaires, à l'image du plus posé Giles Farnaby, où les arpèges de Mike accompagnent la mélodie émue de Les, alors qu'une légère nappe de clavier vient caresser le duo sur la toute fin.

En définitif, Tower Hill et Portsmouth sont les deux morceaux les plus étoffés : le premier alternant les pistes de différentes flûtes et utilisant les claviers comme cuivre de substitution pour se donner un air plus solennel, voire même royal (dans un style rappelant le folk de The Geese & the Ghost d'Anthony Phillips) ; le second se voulant plus rythmé, avec son bodhran et ses tambourins. Le premier enregistrement de ce dernier (provisoirement intitulé Pompey) reste très proche de sa version définitive, tout comme celui du mélancolique Argeers, pour lesquels les arrangements n'ont a priori pas été modifiés par la suite.

L'album se conclut sur deux titres bonus : les démos de Argiers et Portsmouth, qui, une nouvelle fois, ne varient pas vraiment de leur version finale (la qualité des enregistrements restant en revanche plus médiocre). MAJ 16/07/2014 : Après l'arnaque révélée de Perh Martinez, ces deux derniers morceaux bonus se sont avérés être de fausses démos réalisées à partir des versions originales (d'où le manque de différence).

Cette poignée de morceaux jusque là inédits prolongent la série des courtes pièces instrumentales dans la tradition folk de l'univers oldfieldien et vient ainsi s'inscrire dans la lignée d'In Dulci Jubilo, Cuckoo Song et Wrekorder Wrondo (dans une instrumentalisation plus minimaliste et sans électrique), ou encore The British Grenadiers, titre de Les Penning sur lequel on a souvent crédité Mike Oldfield, à tort.

Toujours est-il que malgré le fait que ces enregistrements soient restés dans l'oubli près de 40 ans, le rendu sonore sur CD est largement au-dessus de ce qu'on aurait pu espérer. Le seul bémol revient au packaging, qui à mon avis aurait pu être un peu plus soigné en anticipant par exemple les écarts d'impression (vu le prix de vente ça n'aurait rien coûté)... mais, soyons honnêtes, ce n'est pas le plus important.

Liste des pistes :

1- Argeers (First Recording) 4'03"
2- Tower Hill 4'15"
3- Nobody's Jig 1'34"
4- Pompey (First Recording) 2'06"
5- Minuet (Bach) 2'22"
6- Selinger's Round 1'30"
7- Giles Farnaby 3'11"
Bonus :
8- Argeers (Demo Version) 3'58"
9- Portsmouth (Demo Version) 2'01"

Durée totale : 23 min 50 sec

Partition de Argeers, annotée par Mike
Crédits et remerciements


Note de Leslie Penning (livret du CD) :

"L'été à Penrhos semble durer pour toujours

Penrhos Court est un grand manoir noir et blanc situé aux alentours de Kington dans le Herefordshire que le propriétaire avait décidé de transformer en hotel - le premier niveau étant un restaurant haut de gamme dans un long bâtiment détaché.

Le projet fonctionnait bien et le restaurant prospèrait.
A ce moment là, je jouais de la musique traditionnelle avec trois de mes amis, au violoncelle, à la harpe et deux flûtes à bec. Notre repertoire comprenait des danses Tudor, des pièces issues du Complete Dancing Master de Playford et diverses compositions du 18ème siècle.

Martin, à qui appartenait le restaurant, a suggéré que je donne un coup de fil au guitariste qui habitait sur la colline, il aimerait peut-être jouer aussi ! Jusque là, je vivais musicalement en autarcie et je n'avais jamais entendu parler de Mike Oldfield ou de Tubular Bells, ce qui probablement était aussi bien car sinon je n'aurais jamais osé téléphoner.

Je suis allé lui rendre visite à sa maison sur Bradnor Hill - je lui ai joué quelques airs que nous faisions (incluant Portsmouth) et il m'a joué Froggy Went A-Courting. Il a aimé mes mélodies et j'aimais Froggy.

Après cela, nous avons "chanté pour nos convives" jusqu'à deux fois par semaines. Je jouais diverses flûtes, de la cornamuse/cromorne, du Kortholt et de la vielle à roue, et Michael, quant à lui, jouait sur de magnifiques guitares.

Un soir, nous avons entrainé Richard Branson et Karl Dallas de Melody Maker et ils nous ont fait une critique plutôt bonne.
Puis, soudainement, ce fût la fin de l'été à Penrhos.

A l'hiver 1976, un matin de Janvier, quand l'équipe du Manoir était à Througham Slad, la nouvelle maison de Michael, nous avons enregistré sept pièces que nous connaissions très bien. Ce devait être la maquette pour mon album. Cependant, deux de ces pièces, Porthsmouth et Argeers, ont été utilisées ailleurs et la bande Ampex pris la poussière pendant 37 ans sur l'étagère de mon studio - un souvenir muet d'une année merveilleuse."

Les Penning - été 2013

jeudi 13 mars 2014

Througham Slad's Lost Sessions : Visuels

J'en ai parlé il y a quelques jours (ici), Magpie Records édite pour la première fois une compilation d'enregistrements effectués au milieu des années 70 entre Mike Oldfield et Les Penning (le flûtiste que l'on peut entendre sur Portsmouth, Cuckoo Song ou encore Ommadawn). Ces morceaux totalement inédits comportent entre autres les démos de Argiers et Portmouth.
Hier, Perh Martinez (de Magpie Records) publiait sur sa page Facebook les visuels définitifs du CD tiré à seulement 100 exemplaires numérotés, confirmant du même coup la liste des pistes de l'album. Finalement, aux dernières nouvelles (de ce matin), 1 ou 2 copies étaient encore disponibles sur le site de Magpie Records...

MAJ 16/07/2014 : Après l'arnaque révélée de Perh Martinez, les deux derniers morceaux bonus de cet album se sont avérés être de fausses démos de Argiers et de Portsmouth réalisées à partir des versions originales. Plus d'infos

Pochette avant
Label CD
Pochette arrière

jeudi 20 février 2014

Througham Slad’s Lost Sessions


Une petite rareté issue des années fastes de Mike Oldfield vient de faire son apparition. Il s’agit d’enregistrements totalement inédits dévoilés pour la première fois sur CD et édité chez Magpie Records en édition très limitée (on parle d’une centaine d’exemplaires).